Interview du mois : Guillaume COQUIL

Publié le par Ligue Bretagne Pays de Loire - FNPSA

Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

 

Bonjour, alors moi c’est Guillaume Coquil, je viens tout juste de passer le cap de la trentaine, j’habite sur Plouzané à côté de Brest, et je suis le trésorier de l’Agachon tranquille depuis 5 ans maintenant et je suis l’heureux papa d’une petite fille de 2 ans.

 

Depuis combien de temps pratique tu la chasse sous-marine et comment y es tu venu ?

J’ai eu la chance d’avoir un papa qui faisait de la pêche sous marine et qui m’a mis dans l’eau très tôt vers 10 ans, à 12 ans je l’accompagnais sur ses sorties au bord avec une petite combinaison et je ramassais mes premières araignées, A 16 ans, j’ai eu mon premier fusil, un esclapez 75 (je chasse toujours avec aujourd’hui) et j’ai fait mes premiers poissons avec mon père (congre, vieille, carrelet) il m’a appris les bases de la pêche sous marine et surtout la sécurité autour, j’ai embrigadé quelques copains pour m’accompagner mais ils étaient pas aussi accro que moi : pendant mes vacances, je pouvais y aller le matin et l’après-midi. On a une maison de famille en presqu’île de Crozon donc très proche de la mer, je partais en vélo avec toutes mes affaires pour aller à la pêche.

 

La pêche sous marine est une vraie passion, je peux ne pas y aller pendant 2 mois mais j’ai toujours besoin d’y retourner. Et quel plaisir de manger le fruit de sa pêche en famille et de voir sa fille se régaler avec un poisson ou un crustacé.

 

 

De quel Club fais-tu partie ? Pourquoi as-tu choisit de te licencier dans un club FNPSA ?

 

Après mes études en 2011 je me suis inscrit à « L’Agachon Tranquille », le but était de progresser en toute sécurité et de faire des rencontres, je suis devenu le trésorier il y a 5 ans et je suis également moniteur fédéral de premier niveau pour encadrer les cours de piscine et les sorties club. J’ai choisi ce club car proche de chez moi et parce qu’il y a de grands noms de notre sport dans ce Club : Eric Gérault, François Tarlamain, Ghislain Guillou... La FNPSA est la fédération qui représente et défend le mieux les pratiquants. Avant on savait combien il y avait de pécheurs sous-marin en France grâce à l’attestation délivrée chez les affaires maritimes, maintenant il est important d’être membre d’une fédération afin d’être représenté et d’avoir du poids face à d’autres pêches et organismes.

 

Qu’est-ce que t’apporte ton club ?

 

Avant ma zone d’évolution se situait dans les moins de 10m et presque toujours à la palme, donc dans des zones réduites en distance. Grâce au club, j’ai progressé en toute sécurité et maintenant je suis capable de pécher plus profond avec la même aisance. Les plus expérimentés m’ont donné plein de conseils pour progresser et m’ont poussé à me dépasser tout en restant dans ma zone de confort afin de progresser. J’ai aussi découvert la pêche en semi-rigide offrant plus de possibilités : zones agrandies, espèces rencontrées, possibilité de changer de zones rapidement, plus de moments de partages avec les copains à bord et pêche plus précise avec l’électronique. J’ai donc, dès que j’ai pu, acheté mon propre bateau afin d’être libre d’aller sur n’importe quelle zone. Ce club m’a également permis de rencontrer des membres qui sont devenus des copains maintenant et pas que dans ma région, grâce aux compétitions j’ai rencontré des membres d’autres clubs. 

 

Vers où vas-tu chasser le plus souvent ? et à quelle fréquence?

Habitant juste au dessus d’une cale donnant sur le goulet je Brest, je suis le plus souvent au départ de celle-ci en direction de la presqu’ile de Crozon ou de la pointe Finistère. J’aime aller chasser sur les iles au large quand j’ai du temps et que les créneaux météo sont avec moi. Et je chasse régulièrement à la palme en bas de chez moi quand j’ai moins de temps et que je ne peux pas sortir le bateau. Quand je pars en vacances en bord de mer, je prends mes affaires avec moi afin d’aller découvrir le secteur. Je fais environ 45 sorties par an.

 

Tu chasses plutôt à la palme ou en bateau ?

 

Sur mes 45 sorties, les 2/3 à la palme car j’ai un peu moins de temps pour sortir le bateau et donc des sorties de 3h environ mais j’aime les longues sorties en bateau à chercher de nouvelles zones.

J’ai un tarpon AD50 avec 50cv yam 4t, un bateau idéal pour chez nous qui permet de naviguer en toute sécurité, d’aller sur les îles au large et facile à mettre à l’eau car les cales ne sont pas toujours évidentes. J’ai investi il y a 1 an dans un lowrance elite 9 et je vois maintenance la différence dans la recherche de nouvelles pierres. Sans être sponsorisé, je peux dire que la gamme élite est top pour notre pratique, précise et moins onéreuse que la gamme pro avec quasiment les mêmes spécificités pour de simples amateurs comme nous.

 

Quelle technique pratiques-tu le plus souvent et quelle est ta chasse préférée ?

 

Je n’ai pas forcément de technique favorite, j’aime varier les pêches en m’adaptant au secteur, je pense que la polyvalence est une clé dans notre sport. Je pratique le plus souvent l’agachon dans des zones de courant à la recherche de bars, lieus ou pagres.

 

 

 L’indienne quand l’agachon ne fonctionne pas ou pour la recherche de sars. Je recherche également dans les trous pour débusquer les homards ou autres espèces vivants aussi à trou par chez nous mais moins regardées car l’agachon fonctionne très bien (Bars, sars, vieilles, lieus même si cela est rare).

Je suis à l’aise jusqu’à 20m mais je peux aussi pécher jusqu’à 25m quand le poisson est assez bas mais je suis beaucoup moins efficace sur ces profondeurs. J’aime les zones de laminaires et les accords sable/roches souvent payants. J’aime aussi chercher du poisson plat sur les taches de sable quand le temps ne permet pas de partir dans les zones exposées.

 

Pour le côté gustatif, j’ai une préférence pour les filets de lieu jaune et les bars préparés à la plancha ou en croûte de sel au four et côté crustacé j’adore le homard coupé en deux et grillé au four avec du beurre mais toutes les autres espèces sont aussi bonnes, il n’y a pas de mauvais poisson, il n’y a que des mauvais cuisiniers (bon c’est pas vrai pour tous les poissons mais la vieille ou le congre sont des poissons excellents quand ils sont biens préparés)

 

Quel matériel tu utilises ?

Pour le matériel, j’ai une préférence pour une combinaison en 7mm en haut et un pantalon en 5mm qui permet de pas trop être lesté, je pêche essentiellement avec des fusils Beuchat et surtout avec le 95 qui est pour moi l’arme la plus adaptée chez nous, je n’ai que cette marque en fusil car c’est important quand on change de fusil d’avoir toujours la même prise en main afin de pas changer de repères. J’utilise des palmes Breier en fibre de verre pour les sorties palmes et des Breier en carbone plus rigide pour les sorties bateau où l’on cherche plus de rendement et moins de nage. Je ne suis pas sponsorisé car l’occasion ne s’est jamais présentée.

 

Quel est ton meilleur souvenir en chasse ?

J’ai 3 très beaux souvenirs qui me viennent en mémoire :

Le premier, c’est une sortie avec Philippe Letty et Pascal Guiriec sur Ouessant aux beaux jours où j’ai pu flécher mon plus gros lieu à ce jour 6,7kg au pied de la jument. Je l’ai repéré sur la descente et me suis laissé couler derrière lui, je l’ai fléché et je suis remonté avec le poisson en freinant sa descente ; la remontée était très longue entre l’adrénaline d’un gros poisson et l’envie de ne pas le perdre. J’ai crié de joie à la surface et Phiphi est venu m’aider à le remonter dans le bateau. Quel pied un grand merci à lui.

 

Le deuxième en 2ème journée d’un trophée national dans le 56 avec mon binôme Johan Leveneur avec la découverte le jour de la compétition d’une pierre à bars, je descends sur la pierre et flèche un poisson de 2,5kg et en descendant chercher le poisson, je vois un très gros bar derrière de plus de 4kg. Il ne faut jamais tirer les premiers poissons vus sur une pierre, il peut y avoir plus gros derrière mais 2,5kg c’était déjà pas mal.

Mon troisième souvenir date de l’année dernière, une sortie avec Ghislain Guillou sur Ouessant ; Marco nous laisse faire une dérive sur Keller entre 18 et 22m, l’eau est limpide et il y a de la vie, on fait une apnée ensemble avec Ghis. Arrivés au fond, il y a du poisson partout, que des lieux de plus de 2kg dans tous les sens c’est magnifique, je repère un joli poisson et je remonte le courant pour le tirer, je le rate, Ghis part dans l’autre sens et fait un poisson de 4kg. C’était une vision magique : tous ces poissons dans une eau aussi claire. Ghis me dira à la remontée « pourquoi tu remontes le courant ? Ton fusil va trembler et tu viseras mal » encore un conseil que je garde en mémoire pour mes prochaines sorties.

 

Fais-tu de la compétition ? Si oui qu’est-ce que cela t’apporte ?

 

Oui je pratique la compétition, j’essaie d’en faire le plus possible car c’est formateur, je me dis toujours quand je sors de l’eau avec une petite pêche que les gars qui sont à 50m de moi font une belle pêche donc ça motive, il faut se sortir les doigts.

Ces compet permettent de voyager, grâce à elles, j’ai pu tremper mes palmes en méditerranée ou dans le cotentin,  je ne l’avais jamais fait avant. Mais ce que j’aime le plus dans les compétitions, c’est l’ambiance qu’il y a autour, on se retrouve tous ensemble et on rigole, on se chambre et quand ça se termine on a hâte de se retrouver sur la prochaine.

 

Quel conseil donnerais-tu à un chasseur qui hésite à s’inscrire dans un club ou à se licencier dans une fédération ?

 

Un club c’est que du bénéf, on fait des rencontres, on y a plein de conseils, on y est représenté quand il y aura des décisions injustes de prises comme les moratoires. On pourra se développer dans celui-ci, jouer un rôle dans le club ou évoluer en tant que moniteur afin d’encadrer d’autres personnes et former « des petits jeunes ».

 

Quand je vois toutes les activités qui sont proposées dans notre club, entrainement piscine 2 fois par semaine, sortie club 1 fois par mois, repas club 1 fois dans l’année, Bivouac 1 fois par an (mais on met un an à s’en remettre) et tous les extra qui permettent de tous se retrouver et parler toute la soirée de pêche pêche pêche, il ne faut pas hésiter.

 

Il faudrait être fou ou ne pas aimer la pêche sous-marine pour ne pas venir dans notre club ;-)

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